350 élèves n’ont toujours pas de place !

Mesdames et Messieurs responsables de ce décret, ayez la décence de ne pas partir en vacances sans y avoir répondu !

Communiqué de l’asbl ELEVeS, du Collectif Décret Lotto et du collectif Gvogelpik
09/07/10
Un plus grand nombre encore de familles angoissées et violentées par votre décret attendent vos
réponses à nos questions.
Fin juin, l’annonce de l’ouverture de 609 nouvelles places dans certaines écoles a redonné un peu
d’espoir à de nombreuses familles « sans école »… En attendant, ce 8 juillet, les valeureux membres
de la CIRI se sont offert un drink bien mérité (selon eux) avant de partir en vacances jusqu’au 24
août. Que 350 élèves restent sans école et doivent attendre le jour de la rentrée
pour savoir où ils
« atterriront » ne semble pas émouvoir les membres de la CIRI. Qu’il soit déjà clair que plus d’une
centaine d’élèves n’auront même pas d’école où « atterrir » du tout ne semble pas plus les
émouvoir.
« Santé ! A nous la plage après ce dur labeur ! » Semblent-ils se féliciter.

Face à une telle légèreté, il est humain que la colère des parents gronde. Personne ne s’étonnera
que les parents confrontés à leur impuissance face au désespoir de leur enfant sans école déposent
de multiples recours.

C’est pourquoi, Mesdames et Messieurs, les politiques PS-Cdh-Ecolo et conseillers, responsables de
ce décret « Gvogelpik », ayez la décence de ne pas partir en vacances sans avoir mis tout en œuvre
pour rassurer les centaines de familles dont les enfants n’ont toujours pas la moindre idée de
l’école où ils commenceront leurs études secondaires dans quelques semaines à peine.

Au minimum, il convient d’expliciter les détails pratiques de la mise en œuvre de l’ouverture de
ces 609 places. Au nom de toutes ces familles, nous demandons des réponses aux 5 questions
suivantes avant tout départ en vacances :

1. Quels enfants vont-ils réellement bénéficier de ces places ? Selon quelles
modalités
concrètes les décisions d’attribution de places seront-elles prises ?

2. Par qui et dans quel délai ?

3. Comment ce pouvoir d’injonction de la CIRI ou du gouvernement sera-t-il reçu et appliqué dans
les écoles par les P.O., les directions et les équipes enseignantes dont on maltraite aussi
légèrement la capacité d’organisation ?

4. Même si ces 609 places additionnelles peuvent effectivement être créées, que fera-t-on avec
les plus de 120 enfants (selon l’estimation même de la CIRI) qui resteront encore sans école de
leur choix et/ou à une distance raisonnable de leur domicile ?

5. 300 places sont promises à Bruxelles alors que les écoles ont déjà rempli les classes à
102%. Un simple calcul ne confirme-t-il pas que dans les faits la moitié seulement de ces places
deviendra disponible pour les enfants ?

Par ailleurs, les parents continuent à exiger la transparence annoncée dans l’exposé des motifs du
décret, garante de l’objectivité. Au nom de tous les parents, nous demandons avant les vacances
ses claires aux 5 questions suivantes :
1. Comment justifiez-vous l’utilisation des données de géo localisation « au mètre près » fournies
à titre uniquement indicatif par Google Maps, données non certifiées, non validées et non
homologuées ? Ces données s’avèrent en outre erronées et sujettes à des repositionnements manuels ;
elles ne sont ni certifiées, ni homologuées par aucun agent habilité et donc sujettes à des
manipulations et des erreurs non vérifiables par tous les autres parents pénalisés. Pourquoi dès
lors la Ministre continue-t-elle à répéter que Google Maps a été choisi car il utilise une échelle
de précision de neuf degrés et qu’il permet donc de mesurer avec finesse une géo localisation, alors
que Google dit (en anglais) exactement le contraire : « La valeur Précision représente l’échelle
des niveaux présentés en résultat d’une géo localisation. Elle ne représente pas un classement ou
un niveau de sécurité (fiabilité, confiance) du résultat » ?

2. Quel est le code source du logiciel utilisé ?

3. Combien de dossiers ont été vérifiés dans leur intégralité ? C’est-à-dire :
– Vérification de l’exactitude de la géo localisation par un agent qualifié
– Confrontation des données au formulaire d’inscription des parents
– Vérification du calcul de l’indice composite en intégrant notamment le paramètre « écoles
primaires nouvellement construites » qui interfère sur la composition dudit indice composite.
Des dossiers vérifiés dans leur intégralité, combien de vérifications ont-elles été effectuées en
présence des représentants des associations de parents ?

4. Sous quelles modalités un parent suspectant légitimement, soit une erreur de calcul de son
indice composite, soit une erreur de traitement de ses choix par le logiciel CIRI, peut-il obtenir
les données concernant sa situation et la vérification de ces données, qui influencent la position
de son enfant ? Sachant que cette situation dépend des situations des autres
enfants en
« compétition » pour l’accès à une école « choisie », pourquoi ne pas publier le calcul d’indice de
tous les enfants, dans un souci de transparence ?

5. 36 dossiers ont trouvé une issue favorable, dont la moitié pour raisons médicales. 36 raisons
de se réjouir mais également, une quinzaine de raisons de s’interroger. La CIRI a-t-elle les
compétences médicales nécessaires pour prendre de telles décisions en l’absence de tout personnel
médical ?

Au moment de célébrer la réussite de la mise en œuvre du décret par un drink, les données
disponibles renseignaient près de 350 enfants « sans école », ce qui, au vu des places « placées en
réserve » par la CIRI pour absorber les cas de force majeure qui surviendraient durant l’été,
laisse entendre qu’à la fin du mois d’août, lorsque ces places seront mobilisées, plus de 120
enfants seront toujours sans
école !

Peut-on humainement célébrer cette réussite en prenant congé jusqu’à 24 août ?

Une fois que vous aurez répondu à ces questions très pratiques mais essentielles, vous aurez droit
à quelques jours de vacances. Mais sachez qu’à votre retour, nous vous attendrons avec des
questions de fond, à savoir celles que des milliers de parents clament depuis plusieurs années
maintenant et auxquelles vous semblez totalement sourds :

– Quand cessera enfin cette rage décrétale qui ne résout en rien les problèmes de fond (la
qualité de notre enseignement, qui passe par une gestion plus rationnelle de nos ressources) mais
dont la violence institutionnelle atteint trop de familles et d’écoles ?

– A quand le retour vers une école de la confiance ?

http://www.lalibre.be/debats/opinions/article/542340/pour-une-ecole-de-la- confiance.html

Pour vous aider à préparer vos réponses à ces questions de fond, nous vous invitons à méditer ces
trois réflexions, écrites en d’autres temps et pour d’autres situations par de fins observateurs de
leurs temps :

– « La plus grande source de stress provient du sentiment de perte de contrôle que nous
expérimentons dans une situation donnée » ;

– « La passion égalitaire déchaine toutes les haines » ;

– « L’inégalité la plus criante est au bout du tunnel de la frénésie égalitaire ».
Priscilla Casterman, présidente de l’ASBL ELEVeS Françoise Clara, coordinatrice du collectif Décret
Lotto Isabelle LELOUP, coordinatrice du collectif GVOGELPIK.be
A propos de l’ASBL ELEVeS :
ECOLES LIBRES EFFICACES VIVANTES et SOLIDAIRES. L’ASBL ELEVeS est un espace de réflexion, d’analyse
et d’interpellation concernant le monde scolaire. ELEVeS défend la liberté pédagogique des écoles,
défend la liberté des parents en matière de choix scolaire et veut favoriser le partenariat entre
les familles, les élèves et les écoles. ELEVeS est un mouvement citoyen apolitique né après le vote
du décret inscription, qui a permis à des parents et des acteurs du monde de l’éducation de divers
horizons de prendre conscience des changements fondamentaux mis en œuvre et des défis en matière
d’enseignement. Soucieux de permettre à chacun d’exercer au mieux sa liberté et sa responsabilité
de citoyen, le mouvement ELEVeS a comme objectifs d’interpeller nos mandataires en matière
d’enseignement et de les inviter à garder l’élève au centre de ses décisions.

A propos du collectif Décret lotto : Le Collectif décret lotto, qui fédère des centaines de parents
d’enfants scolarisés dans tous les réseaux de la Communauté française, a vu le jour au lendemain de
l’annonce parmi le grand public de l’adoption du décret Dupont et de la décision de rompre avec la
tradition d’adossement et de continuum pédagogique au sein d’une série d’établissements. Il prône
une mixité volontaire qui tienne compte des spécificités de chaque enfant et plaide pour une
revalorisation de l’enseignement en Communauté française.

A propos du collectif GVogelpik.be :
Le Collectif GVogelpik.be est une association de fait, apolitique, non-religieuse, liée à aucun
réseau et qui a comme unique but le bien-être de tous les enfants en Belgique. GVogelpik conteste
sur le fond le Décret 2010 pour l’utilisation de données non certifiées, non vérifiables et non
garanties à fin déterminé l’avenir
de 50.000 enfants.

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